gepeto
04-05-2006, 18:32
Jacques Chirac va installer aujourd'hui le comité stratégique pour le numérique qui sera chargé d'accélérer le passage de la télévision analogique au numérique d'ici à 2011, un enjeu économique et culturel qui se chiffre en dizaines de milliards d'euros. Le chef de l'Etat "va jeter les bases d'un grand projet numérique pour la France qui nous permettra de rester dans la course", par rapport à des pays en pointe comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Italie, a-t-on assuré dans son entourage. La télévision n'est actuellement qu'"au début de la révolution numérique", les deux-tiers des Français recevant encore en analogique, via une antenne, les seules six chaînes hertziennes. L'objectif est de permettre à tous les Français, dans un délai de cinq ans, de passer au numérique, ce qui leur permettra de recevoir trois fois plus de chaînes, avec un son et une image de qualité très supérieure. Cela supposera un investissement minimum : l'achat d'un adaptateur dont les prix devraient baisser de cinquante à une vingtaine d'euros. Mais pour aider les personnes les plus démunies à s'équiper, l'Etat va créer un fonds d'accompagnement du numérique, doté en 2006 de 15 millions d'euros. A terme, il devrait disposer d'un budget de 100 à 150 M d'EUR sur cinq ans, auquel contribueront régions et industriels. Une des difficultés sera d'assurer une couverture aussi complète du territoire que celle offerte aujourd'hui par l'analogique, soit plus de 90% des foyers. Ce basculement à l'analogique va libérer des fréquences hertziennes, une véritable pépite très convoitée par les opérateurs de télécoms et les groupes audiovisuels. Car cela permettra notamment d'accroître la mobilité (par exemple réception de la télévision sur PC et téléphones portables) et l'interactivité avec le téléspectateur, des marchés en pleine expension. En préalable, le gouvernement devra se coordonner avec les voisins européens de la France et modifier la loi sur l'audiovisuel de 1986. Un projet de loi en ce sens devrait être présenté cet été en Conseil des ministres pour être discuté à l'automne par le Parlement. Le comité stratégique sera présidé par le Premier ministre et comprendra les ministres de la Culture, de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire, ainsi que trois personnalités qualifiées